Dernière mise à jour : juin 2026
Vous voulez faire une première demande de carte de résident de 10 ans ? Voici l'essentiel. Cette carte permet de vivre et travailler librement en France pendant 10 ans, sans avoir à demander d'autorisation de travail. Elle s'obtient soit de plein droit (par exemple comme conjoint de Français ou réfugié), soit après plusieurs années de résidence régulière, si vous remplissez les conditions.
En 2026, deux nouveautés s'appliquent à la première délivrance : la réussite à l'examen civique (mention « carte de résident ») et un niveau de français B1. La demande se fait en ligne sur l'ANEF.
Cet article vous explique qui peut l'obtenir, les conditions à jour 2026, la checklist des documents et le parcours ANEF étape par étape. Il s'adresse aux personnes étrangères non européennes. Des règles particulières existent pour les Algériens : nous les traitons dans une section dédiée.
Ce que vous allez apprendre
- Les avantages concrets de la carte de résident 10 ans
- Qui peut faire une première demande (les principales voies)
- Les conditions 2026 : résidence, ressources, B1, examen civique
- Le parcours ANEF étape par étape et le bon calendrier
- La checklist des documents et les motifs de refus fréquents
Pourquoi demander la carte de résident 10 ans ?
La carte de résident est l'un des titres les plus protecteurs. Elle vous autorise à séjourner et à travailler en France pendant 10 ans, dans la profession de votre choix, sans autorisation de travail à demander par votre employeur.
Elle est aussi renouvelable, et après un premier renouvellement, elle peut ouvrir droit à la carte de résident permanent (titre à durée indéfinie). C'est donc souvent une étape clé avant une éventuelle demande de naturalisation.
Enfin, elle sécurise votre séjour : vous n'avez plus à renouveler un titre chaque année. Attention toutefois, la carte peut devenir caduque en cas d'absence prolongée de France (au-delà de 3 ans consécutifs). Pour comprendre les institutions et valeurs testées à l'examen civique, notre parcours d'apprentissage peut vous aider.
Qui peut faire une première demande ?
Il existe plusieurs voies d'accès à la carte de résident. Voici les principales.
Par les liens familiaux
Vous pouvez l'obtenir, sous conditions, si vous êtes conjoint(e) de Français, parent d'un enfant français, ou si vous êtes entré par regroupement familial auprès d'un titulaire de carte de résident. Ces voies exigent généralement une durée préalable (souvent 3 ans) et le respect des conditions d'intégration.
Après plusieurs années de résidence
Si vous résidez en France de façon régulière et ininterrompue depuis au moins 5 ans, vous pouvez demander une carte de résident, notamment la mention « résident de longue durée-UE », sous réserve de ressources, d'assurance maladie et d'intégration.
Au titre de la protection
Si vous êtes réfugié ou bénéficiaire de la protection subsidiaire, vous pouvez obtenir une carte de résident. Pour les réfugiés, les années de séjour peuvent être comptées à partir de la demande d'asile.
Bon à savoir : dans certains cas (conjoint de Français, réfugié…), la carte est délivrée de plein droit si les conditions sont réunies. Dans d'autres, elle relève de l'appréciation du préfet.
Les conditions en 2026 (ce qui a changé)
Au-delà de la voie d'accès, plusieurs conditions communes s'appliquent. Deux d'entre elles sont nouvelles depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.
1. La résidence habituelle en France. Vous devez avoir le centre de vos intérêts en France et y séjourner au moins 6 mois par an. Des absences trop longues peuvent motiver un refus.
2. Des ressources stables et suffisantes. Vous devez justifier de revenus réguliers, en principe au moins équivalents au SMIC (vérifiez le montant à jour, il est revalorisé chaque année). Les prestations sociales ne sont pas toujours prises en compte.
3. Le niveau de français B1 (nouveauté 2026). Pour une première carte de résident, vous devez justifier d'un niveau B1 à l'oral et à l'écrit (arrêté du 22 décembre 2025), sauf dispense (par exemple à partir de 65 ans). Ce niveau se prouve avec un test TCF ou TEF (valable 2 ans) ou un diplôme DELF (sans limite de durée).
4. L'examen civique, mention « carte de résident » (nouveauté 2026). Certaines premières demandes exigent désormais la réussite à l'examen civique : un QCM de 40 questions, avec 32 bonnes réponses sur 40 requises. Attention : il faut la mention « carte de résident », différente de la mention « naturalisation ». Entraînez-vous avec un test blanc gratuit.
5. L'intégration républicaine. Vous devez adhérer aux principes de la République et, si vous y êtes soumis, avoir suivi les formations du contrat d'intégration républicaine (CIR).
Cas particulier : Algériens et accords bilatéraux
C'est un point que beaucoup d'articles oublient. Si vous êtes de nationalité algérienne, vous ne relevez pas de la carte de résident « classique ». Votre séjour est régi par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et le titre équivalent s'appelle le certificat de résidence algérien (valable 10 ans dans les cas correspondants).
Conséquence importante : les ressortissants algériens sont dispensés de l'examen civique. Les conditions et pièces peuvent aussi différer. Ne suivez donc pas la procédure « carte de résident » standard : vérifiez la démarche « certificat de résidence » sur service-public.fr.
De même, si vous êtes originaire d'un pays ayant signé un accord migratoire spécifique avec la France (par exemple la Tunisie), certaines règles particulières peuvent s'appliquer. En cas de doute, vérifiez toujours votre situation précise. Notre guide des ressources administratives peut vous orienter.
La demande étape par étape sur l'ANEF
Pour la plupart des situations, la demande se fait en ligne sur la plateforme ANEF (Administration numérique des étrangers en France). Voici le parcours type.
- Préparez vos justificatifs en amont : vérifiez votre niveau de français et passez l'examen civique avant d'ouvrir la demande. Un dossier incomplet entraîne des demandes de complément et des retards.
- Créez ou connectez-vous à votre compte ANEF et sélectionnez la démarche « carte de résident ».
- Renseignez votre situation et téléversez les pièces (état civil, séjour, ressources, langue, attestation d'examen civique…).
- Payez les timbres fiscaux demandés.
- Recevez votre récépissé (preuve numérique), qui maintient vos droits pendant l'instruction.
- Suivez l'instruction en ligne et répondez rapidement à toute demande de complément.
Calendrier : si vous êtes déjà titulaire d'un titre, déposez votre demande au plus tôt 4 mois et au plus tard 2 mois avant l'expiration de ce titre.
Coût : il se règle par timbre fiscal. À titre d'exemple, la carte « résident de longue durée-UE » coûte 350 € en première délivrance (ou 250 € si vous avez déjà un titre valide). Les tarifs des timbres ont augmenté au 1ᵉʳ mai 2026 : vérifiez le montant exact pour votre carte sur service-public.fr ou timbres.impots.gouv.fr.
Bon à savoir : l'instruction peut dépasser 6 mois. Si votre récépissé expire pendant ce délai, vous pouvez demander une attestation de prolongation qui maintient vos droits (séjour, travail).
Checklist des documents
Les pièces varient selon votre voie d'accès, mais un dossier de première demande comprend en général :
- Passeport et titre de séjour en cours de validité
- Justificatifs de résidence en France (quittances, factures, avis d'imposition)
- Justificatifs de ressources (bulletins de salaire, contrat de travail, avis d'imposition)
- Justificatif de niveau de français B1 (TCF/TEF ou DELF)
- Attestation de réussite à l'examen civique (mention « carte de résident »)
- Justificatifs de votre situation (acte de mariage, acte de naissance de l'enfant français, décision de protection…)
- Photos au format requis et traductions par un traducteur agréé si besoin
Cette liste est indicative : reportez-vous à la liste exacte affichée par l'ANEF pour votre cas, car elle peut varier selon la préfecture et votre situation.
Erreurs fréquentes et motifs de refus
- Oublier l'examen civique ou le B1. Un dossier « solide » (CDI, impôts, logement) peut être refusé pour ce seul motif depuis 2026. Anticipez.
- Choisir la mauvaise mention d'examen civique. Il faut la mention « carte de résident », pas « naturalisation ».
- Déposer trop tôt ou trop tard. Respectez la fenêtre 4 à 2 mois avant l'expiration de votre titre.
- Sous-estimer la condition de résidence. Des absences de plus de 6 mois par an peuvent motiver un refus.
- Suivre la procédure « carte de résident » quand on est algérien. Vous relevez du certificat de résidence.
- Négliger les ressources. Un temps partiel ou des revenus jugés instables peuvent poser problème.
Conclusion : préparez votre dossier dans le bon ordre
La clé d'une première demande réussie en 2026, c'est l'anticipation. Vérifiez d'abord votre voie d'accès et vos conditions (résidence, ressources), puis validez les deux nouveautés — niveau B1 et examen civique mention « carte de résident » — avant d'ouvrir votre demande ANEF. Vous éviterez ainsi les demandes de complément et les refus évitables.
👉 Prochaine étape concrète : évaluez votre niveau avec un test blanc gratuit de l'examen civique sur maformationcivique.fr, puis suivez le parcours d'apprentissage adapté à votre démarche.
Sources officielles : service-public.fr, « Carte de résident de 10 ans d'un étranger en France » (F2208), vérifié le 1ᵉʳ juillet 2026, et « Carte de résident de longue durée-UE » (F17359) ; arrêté du 22 décembre 2025 relatif à la justification de la maîtrise du français ; décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025 (examen civique) ; Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Légifrance) ; accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
Les montants, délais et conditions peuvent évoluer : à vérifier auprès de votre préfecture, les délais peuvent varier.
Cet article est rédigé à titre informatif et ne remplace pas un avis juridique.
Questions fréquentes
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